Symbiotes symphonie
C’est une installation praticable et sonore dans laquelle se plonger, un mobilier de verre et de métal au milieu duquel on s’installe, pour se connecter par la vue et l’ouïe en temps à l’activité du plancton d’eau douce et aux cycles d’activités qu’il génère.
Ce dispositif, à la frange du réel et du fictionnel, propose de s’allier par les sons entre microbiontes (milieux de vie des microbiotes) et de nous imaginer ainsi pour un temps vivre en symbiose avec une vie aquatique, hors de notre milieu aérien.
Un récipient transparent principal étroit monté sur pieds, maintenant le dispositif à hauteur d’yeux de la personne installée en position inclinée. Plusieurs autres récipients, issus de la verrerie de laboratoire, y sont connectés par des tubes.
A l’intérieur, un écosystème complet et vivant en autonomie de phyto et zooplancton d’eau douce (avec substrat et plantes) nous entoure. Car l’eau ici serait ensemencée des planctons présents dans la mare forestière étudiée pour 2km4, prélevés avec parcimonie. Daphnées, Aselles, ostracodes, blackworms et mélanoïdes apportent leur microbiote et lancent ainsi tous les cycles biologiques dans une eau qui devient vivante (sans besoin de dispositifs électriques utilisés traditionnellement dans les aquariums, hormis une lampe uv). Le milieu en bonne santé s’équilibre seul.
La paroi centrale rectiligne abrite une grande loupe pour observer les déplacements de la micro faune d’eau douce.
Un hydrophone placé dans le bassin capte et restitue en direct les mouvements d’eau, les micro déplacements sur le substrat des différents crustacés et invertébrés minuscules, via un dispositif de son panoramique.
Le visiteur devient acteur en s’installant sur le siège incliné du dispositif : en posant un micro contact sur son ventre, il peu écouter et diffuser les sons de son propre microbiote vivant dans son système digestif. Les sons captés en direct sont diffusés dans l’eau, dans une écoute croisée.
C’est une invitation à se faire envelopper par des planctons, de s’installer au milieu d’eux, d’être baigné dans les sons en direct de la vie aquatique ténue et invisible. L’observateur est à l’écoute, et dans un mouvement d’échange propose à son tour les sons témoins de sa présence. C’est aussi une manière un peu incongrue de faire dialoguer nos microbiotes par le son.
Cette sculpture-mobilier propose de remplacer un temps les écrans de nos vies virtuelles pour tenter de créer, selon la théorie d’Hartmut Rosa, des relations résonnantes au monde. Un dispositif intérieur et artificiel, mais à échelle humaine pour s’intriquer, s’immerger dans ces rythmes pour retrouver notre place comme hôte naturel de la vie participant à un écosystème. Plus vrai que nature.
Le dispositif est constitué d’un aquarium principal et de 2 bocaux ronds. L’ensemble est prévu avec couvercle et boites de transport pour être déplacé sans dommage (les habitants microscopiques sont très résistants une fois le cycle installé en amont) et s’acclimater rapidement à de nouveaux lieux.
Les 3 récipients sont montés sur trépieds en métal stables. Le dispositif comprend une assise inclinée et un système de diffusion de sons en direct : via un hydrophone et un zoom / un piezzo et un zoom / 4 enceintes diffusant un son panoramique (2 circuits directs connectés aux micros).
Le dispositif est prévu pour s’adapter à des personnes à mobilité réduite pour se connecter aux dispositifs sonores.
L’installation est augmenté de voilages textiles suspendus dans l’espace, permettant de créer un espace intime, quel que soit le lieu où est montré l’installation ((qui n’a besoin que d’une prise électrique et d’un espace de 2m2 environ). Ces voilages seront imprimés des phyto et zoo planctons avec leurs noms, selon la technique de la linogravure. Un moyen d’identifier simplement les organismes rencontrés.
Hélène Courvoisier
A moins d’être importunés par un marteau-piqueur, nous oublions souvent que nous vivons dans un univers sonore, riche d’une multitude de sons d’origines diverses (bruit du vent, des voitures, chants des oiseaux, etc). Ces sons sont pourtant des indicateurs importants de la qualité de notre environnement.